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Yukon Quest Testimonials
Can't say enough how proud I am to be a supporter of the Yukon Quest and continuing to spread the word when people ask about my jacket/fleece and the significance of the race and their amazing achievement.
Sheila McCracken, Sydenham, Ontario, Canada

Nouvelles en francais

Impressions du Québec - 21 février 2010

Bonjour chers lectrices et lecteurs,

Eh bien oui ! C’est terminé pour la Yukon Quest. Jocelyne Leblanc est arrivée au fil d’arrivée vendredi en fin de journée, après plus de 13 jours d’efforts. Une foule nombreuse, de bonne humeur et composée des amis de Jocelyne est venue l’accueillir. Elle était radieuse. Avant qu’elle franchisse le fil d’arrivée, plusieurs partisans sont venus l’encourager, et ce depuis la rivière Takhini, endroit notamment populaire pour faire du kayak l’été.

Jocelyne a remporté la lanterne rouge. C’est le prix remis au musher qui complète la Quest en dernière position. C’est un prix qui, pour moi, signifie entêtement, persévérance et amour des valeureux. Sept d’entre eux ont complété la course. À l’approche du fil d’arrivée, ils sentaient la fin de la course et étaient survoltés. Le frein du traîneau ne devenait plus qu’un accessoire bien inutile…

La lanterne rouge, c’est un prix présent dans plusieurs compétitions et remis au dernier compétiteur complétant une épreuve sportive. Au Tour cycliste de France, le prix a été remis pour la première fois en 1903. Cette fameuse lanterne, c’est celle qui était accrochée sur le côté du dernier wagon d’un train. Elle servait au conducteur qui savait, en la voyant, qu’il n’avait pas perdu de wagons en cours de route. Bravo Jocelyne pour avoir gagné cette fameuse lanterne !

Aujourd’hui, ici à Saint-Augustin-de-Desmaures, le soleil s’est levé à 6h39. Comme à chaque matin, en me levant, j’ai senti le vent. Il souffle légèrement de l’ouest. Il fait encore chaud, anormalement chaud même, comme tout au long de cet hiver qui n’en est pas vraiment un. Au Yukon aussi, il fait chaud cet hiver. Espérons que ce n’est qu’un accident de parcours et non une manifestation précoce de ce que pourraient être nos futurs hivers…

Milou, Santa Bernadetta et Picoletta ont accueilli Jocelyne et ses valeureux vendredi soir. Je les félicite, car ils n’ont raté aucune arrivée. Ce fameux trio a aussi été invité au banquet de fermeture de la Quest. Ils s’y sont rendus avec plaisir et ont assisté à la remise des trophées. On leur a aussi fourni de l’eau pour se désaltérer. Cette petite attention les a touchés.

Aujourd’hui, c’est jour d’adieux. Picoletta s’en retourne à Dawson. Santa Bernadetta a décidé de finir ses jours au Yukon. Elle part avec son nouvel ami, Picoletta, qui, avec son grand cœur, s’occupera d’elle avec attention. Milou prend l’avion pour revenir chez lui à Québec, fort d’une belle expérience d’amitié et de charité. Un peu triste de partir du Yukon et de quitter ses amis, il a hâte de revoir ses bons amis humains qui l’attendent en héros. Il sait qu’il dodelinera de la tête en émettant un léger Yap en les revoyant.

Si vous rêvez de grands espaces, de belle nature, de gens simples et super accueillants, n’hésitez pas à aller prendre une vacance au Yukon. Je l’ai fait. C’est un endroit merveilleux.

Longue vie à la Yukon Quest !
 

 

 

Santa Bernadetta (Dawson)
Picoletta (Dawson)
Milou (Québec - secteur de Charlesbourg)
Jean Chalifour (Saint-Augustin-de-Desmaures)

Impressions de Milou du Québec - 17 février 2010

 

 

Bonsoir chers lectrices et lecteurs,

Eh bien oui, me revoilà ! J’en suis très heureux. C’est la quatrième fois que Jean m’offre la chance d’écrire un reportage sur la Quest. Jamais, je n’ai refusé. J’apprécie ma chance, vous ne pouvez pas savoir…

Je suis déjà à Whitehorse depuis lundi en début d’après-midi et je suis maintenant bien reposé. Je peux vous dire que j’ai ressenti une émotion indescriptible lorsque Hans et ses 9 valeureux ont franchi la ligne d’arrivée. Quelle joyeuse ambiance ! Les gens sont venus nous accueillir en grand nombre et ont grandement applaudi Hans qui en était tout ému. Des journalistes sont aussi venus lui parler. Hans a vanté le courage de ses chiens, dont il était très fier. Personnellement, ça m’a beaucoup ému, jusqu’à en verser une larme d’émotion emplie de joie.

À un certain moment, j’ai tourné l’œil. Un peu à l’écart, j’eus l’un des plus grands plaisirs de ma vie. Ils étaient tous les deux là, bien assis, attendant le moment où je les verrais. Mon nouvel ami, Picoletta, était parti de Dawson pour venir m’accueillir. Santa Bernadetta, de son côté, avait pris l’autobus de Fairbanks samedi dernier pour se rendre à Whitehorse. Ils s’étaient tous deux rencontrés par hasard. En discutant, ils se sont aperçus qu’ils me connaissaient. Ils ont alors pris plaisir à vouloir me faire plaisir.

Picoletta s’approcha le premier et me donna un léger coup de patte que je lui rendis. C’était plaisant de retrouver ce nouvel ami qui avait été si gentil pour moi à Dawson. Enfin, Santa Bernadetta s’avança. Elle semblait avoir rajeuni. Je remarquai aussi qu’elle ne bavait pas. J’ai ainsi pu gouter au plus beau câlin que puisse recevoir un jeune chien de mon âge. Puis, Santa Bernadetta tendit la patte pour m’offrir un bel os sur lequel était peint un husky alaskien aux yeux bleus azur. Je tendis à Santa Bernadetta la pépite d’or qui m’avait été donnée à Dawson. Elle la prit et la déposa dans le petit baril qu’elle portait toujours à son cou. Elle y mit aussi l’os qu’elle m’avait donné en cadeau, car je le trouvais bien pesant. Évidemment, elle promit de me le remettre plus tard.

Depuis ce jour, nous n’avons cessé de nous promener dans les rues de Whitehorse et de ses environs. Il fait chaud ici, même anormalement chaud. Mais, malgré cette chaleur, nous demeurons toujours aux aguets. Pas question pour nous de rater l’arrivée d’un musher. À chaque fois, le moment est magique… applaudissements, sourires, embrassades et félicitations aux valeureux. J’avais trouvé bien agréable de terminer la course au premier rang, mais ayant célébré l’arrivée de 14 mushers, ma philosophie de la vie a changé. Je comprends maintenant la phrase du Baron Pierre de Coubertin qui disait, en marge des Olympiques, que l’important c’est de participer. Pour moi, cette célèbre phrase prend tout son sens ici. Dans les yeux de tous les mushers et de leurs valeureux, j’ai vu la fierté d’avoir réussi un exploit difficile, avec une préoccupation constante du bien-être des chiens et un profond respect de la nature et des communautés rencontrées sur la piste.

Au moment d’écrire ce reportage, neuf mushers sont encore en piste. Soyez assurés, qu’en compagnie de mes deux amis, nous serons ravis de les accueillir au fil d’arrivée. Nous avons aussi bien hâte de connaître le nom du musher qui remportera la lanterne rouge… Personnellement, j’ai un petit penchant pour Jocelyne Leblanc qui parle la même langue que moi…


Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Mise à jour - mardi 16 février - soirée - autres arrivées à Whitehorse

Voici les autres coureurs ayant franchi la ligne d’arrivée à Whitehorse le mardi 16 février : Zack Steer (4e – 3 h 58 avec 9 chiens), Ken Anderson (5e – 4 h 01 avec 10 chiens), Sonny Lindner (6e – 10 h 14 avec 8 chiens), Joshua Cadzow (7e – 13 h 18 avec 7 chiens), Brent Sass (8e – 16 h 01 avec 6 chiens), Abbie West (9e – 21 h 45 avec 8 chiens) et Normand Casavant (10e – 22 h 20 avec 10 chiens).

Sam Deltour (11e), Dries Jacobs (12e), Mike Ellis (13e), David Dalton (14e) et Kelley Griffin (15e) ont quitté le point de contrôle de Braeburn mardi. Cindy Barrand (16e) se repose toujours au point de contrôle de Braeburn. 

Bart De Marie (17e), Peter Fleck (18e) et Jennifer Raffaeli (19e) se reposent toujours au point de contrôle de Carmacks. 
Pierre-Antoine Heritier (19e) et Katie Davis (20e) ont quitté le point de contrôle de Pelly Crossing mardi matin.
Jocelyne LeBlanc (22e) et Terry Williams (23e) sont arrivés au point de contrôle de Pelly Crossing mardi soir et ils se reposent toujours à cet endroit.

Vous pouvez consulter le classement des mushers en cliquant sur l’onglet Race Updates sur Result by Checkpoint et puis sur Current Standings à la gauche.
 

Impressions du Québec - 15 février 2010

 
Ça y est ! Hans Gatt a été le premier musher à franchir la ligne d’arrivée à Whitehorse cet après-midi à 13h35. Pour Hans, la randonnée de 1 600 km n’aura duré que 9 jours et 26 minutes. Il bat ainsi le précédent record de course de 23 heures. Ce record avait été établi en 2009 par Sebastian Schneulle.

Hans a terminé la course en compagnie de 9 des 14 valeureux qui ont pris le départ à Fairbanks. À son arrivée, Hans a mentionné qu’il était incapable de décrire ce qu’il ressentait tellement il était ému. Il a notamment dit aux journalistes présents : Ces neuf chiens sont incroyables, j’en suis vraiment fier.


Hans gagne ainsi la Quest pour la 4ème fois de sa carrière de musher. Il l’avait précédemment gagnée en 2002, 2003 et 2004. Hans a été suivi au fil d’arrivée de Lance Mackay qu’il a précédé d’une heure et 3 minutes. Enfin, Hugh Neff a terminé au 3ème rang, à près de 3 heures de Hans.

Selon le Anchorage Daily news, d’excellentes conditions météorologiques et des conditions de piste dures et très rapides ont permis aux 3 premiers mushers de battre le précédent temps record établi en 2009. La victoire de Hans est aussi due à sa force, à sa résistance et à sa grande détermination. Lors du dernier 100 km, Hans n’a cessé de pousser sur son traîneau et de courir en s’aidant de ses bâtons de ski. À compter du 6 mars, Hans et ses valeureux entreprendront une autre longue et difficile course qui se tiendra en Alaska, la Iditarod. Il y rencontrera de nouveau son grand rival Lance Mackay.

Les 3 premiers mushers et leurs valeureux ont franchi la ligne d’arrivée, mais la course n’en est pas terminée pour autant. Environ 20 mushers sont encore sur le parcours. À mon avis, ils devraient tour à tour arriver à Whitehorse d’ici vendredi.

Whitehorse, c’est la capitale du Yukon. Ville moderne d’environ 25 000 habitants dans un territoire grand comme la France où 30 000 habitants en tout résident, elle est entourée de petites montagnes. Le grand fleuve y coule ses eaux vertes et rapides, en provenance du grand lac Bennett situé au sud. Vers la fin des années 1800, à l’époque de la ruée vers l’or, les chercheurs d’or prenaient généralement le bateau sur la côte californienne pour se rendre à Skagway en Alaska. Là, ils débarquaient avec leurs provisions, leurs outils et parfois leurs chevaux pour entreprendre, à pied, dans la neige et le froid, une longue montée de plus de 100 km vers le Lac Bennett. C’est là qu’ils se construisaient des radeaux pour se rendre à Dawson en passant par Whitehorse, une randonnée de plus de 500 km souvent périlleuse en raison des forts courants sur le grand fleuve.

On entend souvent parler du Klondike. En fait, c’est une rivière qui se jette dans le grand fleuve à la hauteur de Dawson. C’est dans cette rivière et les sources qui l’alimentent que les chercheurs d’or obtenaient des concessions à 20 $ environ pour trouver le métal tant convoité. Personnellement, j’ai cherché de l’or à un endroit nommé Chicken en Alaska. Pas facile… J’en ai trouvé pour environ 2 $... J’ai continué à travailler par la suite, vous comprendrez !

J’aimerais bien vous donner des nouvelles de Milou, mais je n’en ai pas eues. Santa Bernadetta et Picoletta devaient l’accueillir au fil d’arrivée. Vous connaissez Milou… Il est plutôt réservé et a dû vouloir laisser toute la place à Hans et à ses valeureux. J’ai l’impression qu’il est allé fêter avec ses deux amis en prenant une belle marche dans la rue longeant le grand fleuve. Lors du prochain article, il me fera plaisir de lui permettre de vous offrir ses commentaires sur la course. Connaissant son exubérance et la fougue de sa jeunesse, ce sera assurément passionnant…

Souvent, à chaque année, aux nouvelles à la télévision, sur le réseau de Radio-Canada français et anglais, on présente un petit reportage sur la course lorsqu’elle se termine. C’est à surveiller… Par ailleurs, cette année, avec les Olympiques, il y a de la compétition pour le temps d’antenne, j’ai l’impression…

Jean Chalifour
Saint-Augustin-de-Desmaures
 

Impressions de Milou du Québec - 14 février 2010

 

 

Bonjour chers lectrices et lecteurs,

Hier, en fin de journée, nous nous sommes arrêtés au point de contrôle de Pelly Crossing. C’est une petite communauté d’environ 300 autochtones de la nation des Selkirk. Leur village est situé sur la rivière Pelly, tout près de la route qui relie Dawson et Whitehorse. Au Yukon, les communautés autochtones sont nombreuses. Toujours, elles nous ont accueillis chaleureusement. Les enfants, et même les adultes, viennent souvent me voir et se demandent bien ce qu’un petit chien comme moi fait dans le traîneau de Hans. J’essaie le plus possible de passer inaperçu, préférant laisser toute la place aux valeureux et à Hans. Mais, que voulez-vous! Avec mon poil long, tout blanc et frisé, mes yeux coquins et ma frimousse sympathique et enjouée, j’attire les regards des enfants qui me cajolent et me prennent dans leurs bras.

Lors de notre arrivée à Pelly Crossing, nous étions en 3ème position, à un peu plus de 2 heures de Lance Mackay et à près de 400 km de Whitehorse. Que ça passe vite ! Déjà environ 1 200 km de parcourus. Nous sommes encore en bonne position, car j’ai remarqué que la stratégie de la course est très importante. Récemment, nous avons pris de plus longues périodes de repos que Lance. Ça va peut-être nous rapporter. À suivre…

Pour moi, c’est un voyage facile. Je dors presque tout le temps lorsque les chiens tirent le traîneau. C’est le rythme du traîneau qui m’endort. J’ai entendu dire que c’est à peu près la même chose chez les jeunes humains lorsque leurs parents les promènent à l’extérieur, bien emmitouflés.

Souvent, je me réveille et je vais prendre une petite marche lorsque les valeureux et Hans profitent d’un moment de repos. Pendant qu’ils dorment, je me sens important, comme le protecteur de tous ces amis qui m’ont si bien accepté. Parfois, j’entends des loups hurler, mais je n’ai pas peur. Hans m’a appris à ne pas les craindre. Il m’a expliqué que les loups détestent la présence de chiens sur leur territoire et n’hésiteraient pas à tous les tuer. Mais, ils ont aussi une peur bleue de l’homme et, pour cette raison, n’attaquent jamais les valeureux.

Je ne vous ai jamais parlé des valeureux de Hans. Ce sont de beaux chiens, des huskys alaskiens. Même s’ils sont tous de la même race, ils sont différents et ont leur personnalité propre. Il y en a des foncés, des pâles et la plupart ont des taches de couleur sur le corps, souvent noires. Ils sont plutôt légers, leur poids variant entre 50 et 60 livres. Plusieurs des chiens de Hans ont des yeux d’un bleu azur, magnifiques lorsqu’ils vous regardent. Ce sont de vrais athlètes. Hans a débuté leur entraînement à la fin du mois d’août, après les chaleurs. Au début, il les faisait courir sur de courtes distances, derrière un véhicule motorisé. Graduellement, il a augmenté la cadence. Puis, la neige est venue. Les sorties de Hans se sont faites de plus en plus longues, jusqu’au début de la Quest.

Même si les valeureux de Hans ont des traits de caractère qui varient beaucoup, ils en ont un que je partage avec eux. Ils sont très affectueux et adorent se faire flatter. Souvent même, ils sont jaloux lorsque Hans s’occupe de l’un de leurs congénères pour lui procurer de petites attentions.

Je ne voulais pas en parler, car je vis ici une expérience que peu de jeunes Cotons de Tulear pourront vivre dans leur vie. J’ai de plus en plus de pensées pour ma maîtresse et ses enfants. Ils m’aiment beaucoup et s’occupent de moi tout le temps. Je commence à m’ennuyer. Ayant vécu cette belle expérience de la Quest et le sentiment d’entraide qui s’en dégage, je leur exprimerai régulièrement ma gratitude lorsque je les reverrai. J’ai appris l’importance de cela, dans ce magnifique coin de pays.

Je ne sais pas s’il y en qui s’ennuient de Jean, mais il m’a permis de vous annoncer qu’il recommencera à écrire en ma compagnie bientôt. Je voudrais le remercier pour la preuve d’amour qu’il m’a démontrée en me laissant écrire, seul, 3 reportages. Aujourd’hui, c’est la fête des amoureux. Je ne suis pas fou de cela. Selon moi, les animaux, comme les humains, devraient démontrer leur amour à tous les jours de l’année.

Sur ce, chers lectrices et lecteurs, je vous souhaite une très belle journée,

Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Mise à jour - samedi 13 février - le matin

Les premières équipes ont quitté Scroggie Creek en l’espace d’une heure samedi matin. Hans Gatt – minuit 10 avec 10 chiens, Lance Mackey – minuit 49 avec 11 chiens et High Neff avec 11 chiens.
 

Le deuxième bloc de coureurs a quitté Dawson vendredi selon l’ordre suivant : Zack Steer (4e – 14 h 03), Ken Anderson (5e – 14 h 05), Brent Sass (6e – 17 h 25), Sonny Lindner (7e – 17 h 40), Abbie West (8e – 19 h 55), Joshua Cadzow (9e – 21 h 55) et Gerry Willomitzer (10e – 22 h 52).

Normand Casavant (11e), Dries Jacobs (12e), Sam Deltour (13e), David Dalton (14e), Kelly Griffin (15e), Mike Ellis (16e), Cindy Barrand (17e), Pierre-Antoine Heritier (18e), Bart De Marie (19e), Peter Fleck (20e), Katie Davis (21e), Jennifer Raffaeli (22e) se reposent toujours à Dawson.

Jocelyne LeBlanc (23e) et Terry Williams (24e) ont quitté Eagle jeudi matin.
 

Vous pouvez consulter le classement des mushers en cliquant sur l’onglet Race Updates sur Result by Checkpoint et puis sur Current Standings à la gauche.
 

Impressions du Québec de Milou - 12 février 2010

 

Bonjour chers lectrices et lecteurs, j’ai demandé à Jean si je pouvais écrire mon deuxième reportage sur la Quest. Il a dit oui très gentiment. C’est vrai que c’est bien gentil, mais ses motifs ne sont pas aussi nobles qu’ils en ont l’air à première vue. Imaginez donc que Monsieur ne travaille plus le vendredi, se sent un peu fatigué et a besoin d’un moment de détente. Comme on dit chez moi entre chiens qui parlent : Pas fort le bonhomme…Je sais qu’il lit mes articles et ne va pas apprécier mes propos, mais j’ai appris que, dans la vie, il faut toujours dire la vérité. Il ne peut m’en vouloir pour ça. Ç'est rassurant…

Mercredi soir, à 18h02, en compagnie de 13 valeureux et de Hans bien sur, nous sommes arrivés à Dawson. C’est la ville de la ruée vers l’or. Quel accueil nous avons reçu sur le Grand fleuve ! Nous sommes en tête… youppi ! C’est donc signe que mon poids, qui est plutôt plume, n’a pas trop ralenti le traîneau. Hans a reçu une once d’or pour son exploit. J’ai reçu une pépite. Je n’en espérais pas tant… Une idée de faire plaisir m’est venue…

À l’arrivée, Hans est allé flatter chacun de ses valeureux en les félicitant. Il m’a aussi fait un beau sourire qui m’a fait chaud au cœur. Vous savez, il n’est pas facile pour un chien de sourire. Pendant la course, j’ai parlé à Hans pour lui dire qu’à chaque fois que je dodelinerais de la tête, suivi d’un petit Yap léger, ça voudrait dire que je souriais.

Hans et ses valeureux ont trimé dur de Fairbanks à Dawson et l’arrêt obligatoire de 36 heures est vraiment le bienvenu pour tous. Après avoir félicité ses chiens et les avoir confiés aux bons soins de son assistant, Hans est parti directement à l’hôtel. Je sais, car il me l’a dit, qu’il rêvait d’un bon bain chaud, d’un gros hamburger bien garni, d’une bonne bière et d’un lit douillet. Comme vous savez, Hans est gentil. Il avait tout prévu pour moi. Picoletta, jeune femelle de race épagneul, âgée de 2 ans, était là pour m’accueillir et m’offrir son hospitalité. Elle était belle comme une déesse… rarement vu une aussi belle créature…

Picoletta demeure à l’autre bout de la ville d’environ 800 habitants qu’est Dawson. Pour s’y rendre, nous avons marché sur les trottoirs de bois et admiré les facades des maisons toutes colorées, jaunes, rouges, bleues, vertes… Picoletta m’a appris, qu’à la fin des années 1800, il y avait 30 000 hommes et femmes qui habitaient la ville, tous attirés par l’or. C’était la belle époque de Dawson, avec tous les espoirs permis, mais aussi les désillusions vite venues. Picoletta m’a proposé de prendre une bière dans un des deux trous de Dawson. Avec un pareil nom, je n’étais pas certain que ma maîtresse à Charlesbourg me le permettrait, mais, par politesse, je n’ai pu refuser l’offre de Picoletta. Avant d’entrer dans un des deux trous en question, j’ai enlevé mes booties. À Dawson, pour garder le cachet historique de la ville, il n’y a ni bitume ni asphalte dans les rues. Ainsi, tous, chats, chiens et humains se déchaussent sur le portail des immeubles pour ne pas salir à l’intérieur. Ensuite, comme tout bon petit coton de Tulear yukonnais, en jouant au karaoké, j’ai bu ma première bière à vie… Pouah… Ce sera la dernière…

Picoletta m’a bien reçu chez elle. Après avoir bu et mangé à satiété, je me suis assoupi. Dans ma tête, je revoyais les beaux moments vécus à date : le départ enthousiaste à Fairbanks, l’hospitalité incroyable des gens rencontrés le long du parcours, blancs, autochtones et mêmes allemands, la courtoisie et les taquineries des mushers lorsqu’ils se rencontraient, les beaux sourires à mon égard de la part de Hans et la beauté sauvage des espaces arctiques parcourus.

Presqu’endormi, j’eus une bonne pensée pour Santa Bernadetta, espérant qu’elle se portait bien. Je remerciai aussi Hans de la merveilleuse chance qu’il m’avait offert. Heureux, je dodelinai de la tête, … Yap et m’endormis profondément.


Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Mise à jour - jeudi 11 février - en soirée - arrêt à Dawson

Hans Gatt est arrivé le premier à Dawson le mercredi 10 février à 18 h 02, heure du Yukon, avec 13 chiens. Lance Mackey a suivi à 20 h 49 avec 13 chiens et Hugh Neff en 3e place à 21 h 04 avec 12 chiens. Ont suivi dans l’ordre : Zack Steer (4e - jeudi 11 février - 0 h 57), Ken Anderson (5e - 1 h 44), Brent Sass (6e – 4 h 49), Sonny Lindner (7e – 5 h 28), Abbie West (8e – 6 h 35), Joshua Cadzow (9e – 9 h 46), Gerry Willomitzer (10e – 9 h 55), Normand Casavant (11e – 14 h 42), Dries Jacobs (12e – 17 h 11), Sam Deltour (13e – 17 h 39), David Dalton (14e – 18 h 14), Kelly Griffin (15e – 18 h 36), Mike Ellis (16e – 19 h 30). Les coureurs doivent prendre un arrêt obligatoire de 36 heures à Dawson. Il est à noter que toutes les équipes font encore partie de la course.

Pierre-Antoine Heritier (17e) Cindy Barrand (18e), Bart De Marie (19e), Katie Davis (20e), Peter Fleck (21e), Jennifer Raffaeli (22e), Jocelyne LeBlanc (23e) et Terry Williams (24e) ont quittés Eagle entre mercredi matin et jeudi matin.
 

Vous pouvez consulter le classement des mushers en cliquant sur l’onglet Race Updates sur Result by Checkpoint et puis sur Current Standings à la gauche.
 

Premier déplacement en traîneaux à chiens entre Fairbanks et Dawson

Wada le vagabond
Par Norman E. Kagan

L’un des premiers déplacements en traîneaux à chiens attestés entre les villes de Fairbanks et de Dawson s’est déroulé en 1903, lorsque E.T. Barnette a envoyé Jujiro Wada à Circle et que Jujiro a continué jusqu’à Dawson. Wada a causé toute une sensation dans la région du Klondike au point que quelque 300 mushers sont retournés en février au poste de traite de Barnette sur la rivière Chena. Sans aucun doute, cela a marqué la toute première course entre la capitale du Yukon et

Fairbanks
Considéré comme l’un des meilleurs mushers de son époque, Jujiro Wada est né dans la préfecture Ehime, au Japon, en 1875. Il est le deuxième fils de la deuxième femme d’un samurai de classe inférieure. À la recherche d’une meilleure vie, il s’embarque clandestinement à bord d’un cargo en destination de l’Amérique et il aboutit à San Francisco au printemps 1892.

Nord vers l’Alaska
Sans argent et ne parlant pas l’anglais, Wada s’engage comme mousse et cuisinier à bord du Balaena, un baleinier qui hivernait sur la côte arctique de l’Alaska.
Sous les conseils du capitaine H. Havelock Norwood, Jujiro apprend l’anglais, le métier de marin et la navigation. Des Inuits de l’arctique, il apprend la survie en région nordique. Après deux ans, le jeune marin retourne à San Francisco et se joint rapidement à une autre expédition de pêche à la baleine.
Point Barrow – 1897-98
Année après année, le jeune marin retourne en Alaska lors d’expéditions de pêche à la baleine. Pendant l’hiver de 1897 à 1898, la flotte reste prise par la première glace hivernale près de Point Barrow. Emprisonné par les glaces pendant un an, Wada se joint aux Inuits locaux durant les chasses aux caribous et apprend ainsi leurs modes de vie, leur langue et leurs histoires.
 

Nome – 1900 et 1901
À bord de baleiniers convertis en cargos de marchandises le long de la péninsule de Seward, Wada regarde avec impatience les plages de Nome regorgeant d’or et remplies de chercheurs d’or. Les Inuits lui racontent des histoires de sables débordant d’or. Alors qu’il avait tant désiré se joindre à la ruée vers l’or du Klondike, ici il voit la folie, l’avidité et la tromperie et des milliers d’hommes peiner pour rien et tout perdre dans des maisons de jeu. Comme une tempête sur la mer de Béring, l’anarchie souffle sur Nome.
 

En Alaska – été 1902
À partir de Seattle, Wada voyage avec des prospecteurs jusqu’à Skagway et sur le fleuve Yukon, au-delà de Dawson, jusqu’à Koyukuk. Les perspectives sur le terrain ne sont pas vraiment bonnes, mais la Providence s’en mêle. Le bateau à vapeur Isabelle, en route vers son nouveau poste de traite, avec le capitaine E.T. Barnette à la barre, est amarré au village autochtone de Koyukuk et Wada s’engage comme cuisinier pour E.T. Barnette.
Les risques pris par Barnette portent leurs fruits et de l’or placérien est découvert. Des milliers de concessions doivent être enregistrées à Circle City et des travailleurs engagés pour les mines. Wada est envoyé vers l’est à Circle et à Dawson pour proclamer la grande découverte afin d’attirer les hommes et leur argent. Les manchettes des journaux de Dawson annoncent que « le musher solitaire, Jujiro Wada, raconte des récits de merveilleuses richesses ». Dès lors, des chercheurs d’or vagabonds et impatients se rendent vers l’ouest, par des températures hivernales glaciales et sous les aurores boréales, à la recherche de la fortune.
La ruée est lancée en même temps que la carrière de Wada. Toujours en mouvement, il mène la marche en tant que coureur de marathon et ouvreur de pistes (sa route de Seward-Innoko-Iditarod de 1909 est toujours utilisée aujourd’hui). Sa plus grande passion est ses chiens. En 1920, il achète le fameux chien de tête Merlin pour 1 000 $ aux autochtones du delta de la rivière Mackenzie. Une fois, il a même donné comme nourriture à son équipe affamée ses pantalons trempés dans de l’huile de phoque et est arrivé au village en sous-vêtements.
 

Mise à jour - mercredi 10 février - en soirée

La plupart des équipes ont quitté le point de contrôle de Eagle. Mardi, le 9 février, Zach Steer, Hans Gatt, Lance Mackey et Hugh Neff sont tous partis dans un intervalle de 7 minutes (allant de 18 h 16 pour Zach Steer à Hugh Neff en 4e place à 18 h 23). Ken Anderson est parti à 22 h 42 mardi soir. Sonny Lindner (6e), Gerry Willomitzer (7e), Abbie West (8e), Brent Sass (9e), Joshua Cadzow (10e), Normand Casavant (11e), David Dalton (12e), Sam Deltour (13e), Kelly Griffin (14e), Dries Jacobs (15e), Mike Ellis (16e) et Pierre-Antoine Heritier (17e) ont tous quittés Eagle mercredi. Cindy Barrand, Bart De Marie, Peter Fleck et Katie Davis se reposent toujours à Eagle, dans le cadre d’un arrêt obligatoire de 4 heures. Jennifer Raffaeli, Jocelyne LeBlanc et Terry Williams ferment la marche, ayant quitté Slaven’s Cabin mercredi matin.

Vous pouvez consulter le classement des mushers en cliquant sur l’onglet Race Updates, sur Result by Checkpoint et puis sur Current Standings à la gauche.
 

Impressions du Québec - 10 février 2010


Bonjour chers lectrices et lecteurs. Il me fait plaisir d’écrire le premier reportage de ma vie. Je me considère très chanceux. Je suis dans le traîneau de Hans Gatt, bien au chaud. Nous sommes parmi les meneurs dans une course qui est des plus serrée.

Lundi soir dernier, j’ai parlé à Jean qui a rapporté mes paroles en direct dans son article. Malheureusement, je m’endormais tellement que j’ai dû couper court à la conversation. Si vous vous rappelez bien, j’étais en train de vous parler des difficultés de la course. J’aimerais poursuivre sur ce sujet et vous raconter une petite aventure qui nous est arrivée.

Il y a de cela quelques jours, Hans est arrivé en compagnie de ses valeureux et de votre humble serviteur au pied de Eagle Summit. Les mushers ont tous plus ou moins peur de monter et de redescendre cette montagne qui culmine à 3 685 pieds d’altitude. La montée est vraiment pénible et longue. Les chiens, courageux, montent tête baissée en forçant de tous leurs muscles. Hans les aide du mieux qu’il peut en les encourageant et en marchant à l’arrière du traîneau. Je reste là, hébété, à admirer cette démonstration de force de l’homme et de ses valeureux. Je prie pour eux. Un froid mordant et un vent de plus en plus violent rendent l’exploit presqu’irréel. Bien emmitouflé dans le traîneau, j’ai pensé aux femmes qui font la course, affrontent les mêmes éléments que les hommes en montée, mais qui, à mes yeux, ont un léger avantage en raison de leur poids plus léger, facilitant le travail des valeureux.

Il vente tellement que la piste n’existe plus à mes yeux, mais le chien de tête de Hans la sent à travers la neige. Enfin, arrivés au sommet, les chiens relèvent le museau et Hans leur exprime sa fierté. Et là, commence l’aventure… la descente. Une vraie folie, les chiens filent à toute allure, Hans essayant de les retenir du mieux qu’il peut. On dirait qu’ils ont hâte de quitter ce froid extrême et le vent tonitruant de la haute montagne. Je me fais joliment brasser dans cette folle escapade. Soudain, ça y est, je suis propulsé hors du traîneau et je me retrouve à environ 5 mètres de celui-ci, enseveli sous la neige. Je me secoue et regarde Hans forcer pour remettre sur ses pattes son traîneau renversé. Après de maints efforts, rendus encore plus difficiles par l’épaisseur de la neige, il redresse le traîneau et le charge des objets qui se sont répandus aux alentours. Il ne m’oublie pas et me réinstalle confortablement dans le traîneau. De nouveau, j’ai eu une pensée pour les femmes qui font la course. C’est encore plus difficile pour elles de réaliser l’énorme défi que venait d’accomplir Hans. Mais, finalement, compte tenu de tout ce que j’ai vu depuis le début de la course, je crois qu’une femme, tout comme un homme, peut remporter le premier prix.

Bientôt, nous quitterons l’Alaska pour rentrer au Yukon. Nous sommes sur le grand fleuve, en direction de Dawson. Les valeureux huskies alaskiens de Hans vont allègrement dans le silence de la nuit, sous les étoiles, éclairés par un quartier de lune. Tous comme Hans, ils sont tranquilles, savourant leur bonheur, dans ce lieu de solitude et de sérénité. Je regarde tout cela, communiant avec eux à la beauté sauvage du moment. Le faible bruissement des patins sur la neige durcie, presque le silence… Par-dessus les montagnes, au nord, le long hurlement d’un loup confirme la plénitude du moment. Je suis heureux.

… J’ai beaucoup aimé écrire ce premier article de ma vie. Je vais demander à Jean si je peux écrire le prochain. S’il m’accorde la permission, je vous parlerai alors de la générosité, ce mot dont j’ai compris le vrai sens ici, dans la fantastique aventure de la Yukon Quest.


Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Impressions du Québec - 8 février 2010


Ce matin, en lisant mon journal, le quotidien le soleil de Québec, j’ai vu que c’est une équipe du Yukon qui a remporté le premier prix de l’international de sculpture sur neige du Carnaval de Québec. L’équipe du Yukon, représentante du Canada, a remporté ce premier prix devant les équipes de la Chine et du Pérou. La photo de la sculpture, publiée dans le Soleil, représente deux épaulards sautant hors de l’eau et formant un tunnel dans lequel pagaie un homme dans son kayak. À l’arrière du kayak, la sculpture illustre la fonte d’un glacier noyant la surface de la planète et faisant tout disparaître. La sculpture, nommée Present meets past, porte bien son nom, l’épaulard représentant le passé et les racines des gens des régions côtières du Nord-ouest canadien, alors que le kayak et, malheureusement aussi, le glacier représentent le présent de cette belle région. Bravo à l’équipe formée de 3 sculpteurs yukonnais : Calvin Morberg, autochtone et responsable de la composition de la sculpture, Donald C. Watt, capitaine de l’équipe et Michael Lane ! Nos plus sincères félicitations !

Je viens tout juste de consulter les résultats de la course. C’est très serré parmi les 4 meneurs qui sont tous en train de se reposer à Slaven’s Cabin. Ce n’est pas un point de contrôle, mais un endroit où les mushers peuvent laisser les chiens qui ne sont plus en mesure de poursuivre la course, parce que trop fatigués, blessés ou malades. Chaque musher dispose d’au moins un assistant, helper, qui se charge de les recueillir et d’en prendre soin.

Slaven’s Cabin, ce n’est pas un village. C’est simplement une vieille maison classée monument historique où les gens en général et les mushers, bien évidemment, peuvent s’arrêter pour se reposer au chaud. C’est situé sur le bord du majestueux fleuve Yukon. Lorsque j’ai vu le Yukon river, comme on dit, pour la première fois, j’ai eu le béguin. Depuis ce temps, pour sa beauté et le respect qu’il m’inspire, c’est le Grand fleuve. Je vous le décrirai plus amplement dans un futur article.

Oups ! Le téléphone sonne. J’aimerais que ce soit Milou… Hourra, c’est lui ! Par le timbre de sa voix, je sens qu’il est un peu fatigué, mais très heureux. Il me fait plaisir de vous faire entendre en direct ce qu’il me dit :

Salut cher Jean ! Je fais un voyage extraordinaire. Ce n’est pas facile, mais très enrichissant et rempli de beauté. Je peux résumer mon aventure en 2 mots : difficulté et générosité.

Difficile pas à peu près, cher ami ! Je trouve que Hans ne dort pas beaucoup. C’est vraiment un dur de dur. Nous passons notre temps à avancer puis à arrêter. Je te dirais qu’en général, les valeureux courent en moyenne de 3 à 4 heures, puis Hans arrête le traîneau pour à peu près la même durée. Pour aider les chiens et se réchauffer, Hans débarque assez souvent des patins du traîneau et se met à courir. Quand il arrête le traîneau, Hans ne va pas se coucher. Il en a souvent pour près de 2 heures avant de pouvoir le faire. Là, il fait un peu de tout. Après avoir bien ancré le traîneau avec son ancre à neige, il prend sa hache et va couper des branches mortes, se fait un feu, utilise son réchaud pour faire fondre de la neige et se faire à manger. Il va toujours faire la tournée de chacun de ses chiens. Souvent, il change leurs booties devenus trop usés et leur en met de nouveaux. Il a beaucoup d’expérience des valeureux. Il détecte assez facilement leurs bobos. À ce moment, il sort une crème et l’applique sur le membre endolori en faisant un bon massage. Évidemment, il n’oublie pas de leur servir à boire et de les nourrir. Ça bouffe pas mal ces braves bêtes. Souvent, lorsqu’Hans a le temps de se coucher un peu, les valeureux dorment depuis longtemps.

Eh puis… zzz… je commence à m’endormir… Puis-je continuer à t’informer une prochaine fois !... zzz…

Finie la conversation… Je raccroche. J’ai une bonne idée… Vous savez, ça m’arrive à l’occasion… Je vais demander à Milou de faire seul le prochain reportage prévu pour mercredi. J’ai vraiment l’impression qu’il va accepter. Ça va me permettre un petit repos et à vous, chers lectrices et lecteurs, ça fera un changement dans le style d’écriture.

Avant de conclure, je me dois de vous dire que je ne cesse de recevoir des messages me demandant comment se porte Santa Bernadetta. Eh bien, pour vous rassurer, je peux vous dire qu’elle se porte très bien. Elle se repose toujours à Fairbanks et elle vous offre ses salutations les plus sincères.

Jean Chalifour
St-Augustin-de-Desmaures

Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Impressions du Québec - 6 février 2010

 

Samedi enfin ! Le signal du départ de la Quest a été donné ce matin à 11h00 sur la rivière Chena à Fairbanks. Vingt-quatre équipes toutes composées de 14 chiens. C’est le début d’une longue course qui dure entre 10 et 14 jours environ, soit 10 jours pour les meneurs et jusqu’à 14 jours pour ceux qui veulent avoir droit à la lanterne rouge. Remarquez que la durée de la Quest peut varier d’une année à l’autre, selon les conditions rencontrées. Pour ceux qui s’interrogent sur la lanterne rouge et ne la connaissent pas, moi-même, Milou ou un autre bénévole de l’équipe francophone se fera un plaisir de vous informer en temps et lieux. Dans la vie, il est bon de ne pas tout connaître. L’attente est généralement un moment agréable. Il faut se donner le privilège de l’apprécier.

J’ai une primeur pour vous. Vraiment une bonne nouvelle. Eh bien oui ! Milou fera partie de la course. Évidemment, il ne fait pas partie des valeureux athlètes, car trop petit même si en belle forme. Il participe plutôt comme journaliste canin amateur et pourra donc vous donner des nouvelles en direct.

Milou m’a appelé aujourd’hui pour me dire que le voyage en avion à Fairbanks s’était bien déroulé. Santa Bernadetta l’a accompagné. Malgré son âge avancé, c’était son premier voyage en avion. Ça s’est bien déroulé pour elle aussi.

Milou a été très bien accueilli à Fairbanks. Même s’il ne parle pas la langue de Shakespeare, il s’est bien débrouillé. Il prend le départ de la course. Hans Gatt lui a offert une belle place dans son traîneau. Le marshall de la course a accepté la présence de Milou dans le traîneau de Hans. Dans les règlements de la course, rien n’empêche un Coton de Tulear d’en faire partie. Quant à Santa Bernadetta, elle se reposera de son vol pendant une dizaine de jours. Toutefois, elle a bien promis à Milou de l’accueillir au fil d’arrivée à Whitehorse.

…Je viens tout juste de parler à Milou. Il m’a raconté que tout se déroule bien à date. Les chiens de Hans sont en forme, il ne gèle pas et voit toute la belle nature autour de lui. Il m’a dit qu’il se sentait très Zen. Au départ de la course, il paraît qu’il y avait beaucoup de fébrilité de la part des chiens et que beaucoup de gens aidaient à les retenir. Hans partait au 13ème rang. En partant à ce rang, Milou a eu la chance d’encourager avec emphase ses deux mushers favoris, à part Hans bien sur, soit Jocelyne Leblanc partie au 8ème rang et Normand Casavant parti au 10ème rang. Je suis content car mon ami Milou semble bien heureux. Laissons-le dormir un peu, car la route est longue…

Le premier point de contrôle de la course est situé à Two Rivers, communauté d’environ 600 âmes, principalement de race blanche et où les hommes sont relativement plus nombreux que les femmes. Two Rivers est situé à 72 km du départ de la course. C’est un endroit très apprécié pour le traîneau à chiens. On dit qu’on y retrouve 4 traîneaux par habitant.

C’est aussi à Two Rivers que réside la première et unique femme qui a gagné la Quest. Il s’agit de Aily Zirkle, américaine, qui l’a gagnée en l’an 2000, en un temps d’un peu moins de 11 jours. C’est lors de cette année 2000 que Dave Olesen a reçu le prix de l’équipe des vétérinaires remis au musher qui s’occupe le mieux de ses chiens. À cette occasion, Dave avait prononcé un court et beau discours qui illustre bien l’esprit et la philosophie de la Quest :

J’accepte ce prix au nom de tous les mushers qui sont encore sur la piste, en pleine nuit, loin du prochain point de contrôle, marchant sur leurs mains et genoux, prenant soin de leurs chiens. Personne ne parle, personne ne dort, personne ne mange. Les mushers vont d’un chien à l’autre, prenant soin de leurs petits malaises et de leurs souffrances.

Dernière heure… Je viens tout juste de constater que Hans Gatt a déjà rejoint le point de contrôle de Two Rivers et en est même reparti après un arrêt de 7 minutes. C’est le meneur. Milou doit en être fier. Le connaissant, je sais qu’il ne voulait pas nuire à Hans. Il doit se sentir rassuré…

Jean Chalifour
St-Augustin-de-Desmaures

Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

L'ordre du départ du 6 février 2010 à 18 h (heure de l'Alaska).

1. Abbie West
2. Zach Steer
3. David Dalton
4. Sam Deltour
5. Gerry Willomitzer
6. Katie Davis
7. Terry Williams
8. Jocelyne LeBlanc
9. Cindy Barrand
10. Normand Casavant
11. Lance Mackey
12. Brent Sass
13. Hans Gatt
14. Bart De Marie
15. Kelley Griffin
16. Jennifer Raffaeli
17. Ken Anderson
18. Mike Ellis
19. Pierre-Antoine Hertier
20. Sonny Lindner
21. Joshua Cadzow
22. Dries Jacobs
23. Hugh Neff
24. Peter Fleck
 

Durant la course, vous pourrez consulter le classement des mushers en cliquant sur l’onglet Race Updates.

Un bon musher doit avoir la tête dure - Profil de Jocelyne Leblanc

« Tous les soirs, en me couchant, je me demande pourquoi je me suis inscrite. Je suis très nerveuse et c’est beaucoup d’émotions à gérer. Le matin, j’ai l’impression d’être une femme enceinte et j’ai des nausées de Yukon Quest », dit en riant, Jocelyne Leblanc. Participant pour la première fois à cette course de 1600 kilomètres, elle a pris la décision d’y participer en septembre dernier après un voyage pour pratiquer le yoga aux Bahamas. Son objectif est de compléter l’épreuve avant le banquet de clôture et en compagnie de tous ses chiens.
 

Arrivée au Yukon, il y a une dizaine d’années, elle a développé sa passion pour le mushing en devenant rapidement guide en traîneau à chiens. « Tout le monde me disait que j’allais faire la Yukon Quest, et moi j’ai toujours dit non. Cela implique beaucoup trop d’argent et de temps, mais avec l’aide de plusieurs commanditaires, j’ai pris mon courage à deux mains », explique-t-elle. Ayant partagé la vie d’un musher pendant quelques années, elle sait à quoi s’attendre pendant la course. « Le sommet Eagle me stresse comme tous les autres coureurs, j’ai entendu beaucoup d’histoires sur la descente et je veux garder le contrôle de mon attelage », soutient Jocelyne.
 

Originaire du Nouveau-Brunswick, elle est la seule femme canadienne qui participe à la course cette année. « Je reçois des encouragements de la part de personnes que je ne connais même pas, s’étonne-t-elle. J’ai même des commanditaires de mon coin de pays. Plutôt que de regarder les matchs de hockey, je crois que les gens dans les bars à Bouctouche vont plutôt suivre la course sur le site Internet de la Yukon Quest. »

Elle considère que le mushing est un sport merveilleux puisqu’il existe peu de distinction entre les deux sexes. Tout se passe entre l’homme et ses chiens. Toutefois, elle remarque que pour une femme, soulager ses besoins demeure toujours plus compliqué. Elle trouve très important que les femmes participent à la Yukon Quest. « Notre devoir est de montrer aux jeunes filles qu’il existe autre chose que d’être branché sur son apparence. Mieux vaut être branché sur la nature, sur ses chiens et de vivre le moment présent », croit-elle. Jocelyne reconnaît que c’est une grande chance de vivre cette course, mais elle est ne veut pas refaire cette expérience. Elle estime que les frais pour participer à l’événement peuvent s’élever jusqu’à 20 000 dollars. « Pendant que l’on prépare nos sacs de viandes pour nos chiens, on entend à la radio que les gens meurent de faim en Haïti, c’est très difficile pour le moral. Si je termine la course parmi les 15 premiers, je donnerai l’argent que je vais remporter à un organisme de charité », promet-elle.

Toutefois, elle demeure persuadée que la course sera une très bonne école. « Je fais la compétition pour apprendre, je vais voir comment travaillent les meilleurs mushers et surtout regarder les vétérinaires. Les chiens de traîneau c’est ma vie, mais pas la Yukon Quest », ajoute-t-elle.
 

Comme bien des athlètes professionnels, la visualisation fait partie de son entraînement. Elle s’imagine arriver à tous les points de contrôle avec le sourire. « Je suis en bonne forme physique et je me prépare mentalement. Je veux avoir l’énergie nécessaire pour aider mes chiens dans les moments plus difficiles. Mes chiens sont plus forts physiquement, mais je suis plus forte qu’eux mentalement. J’ai la tête dure et un bon musher doit avoir la tête dure », affirme-t-elle.

Pour s’encourager, elle conclut : « Les premiers mushers qui ont fait la course n’avaient pas l’équipement sophistiqué d’aujourd’hui et la vie semble plus facile maintenant. En fait, c’est tout ce que j’ai trouvé pour me sentir mieux »
 

Yves Pelletier, journaliste à l'Aurore boréale

Quand tu es capable de respecter un chien - Profil de Normand Casavant

« Il faut vivre nos rêves et nos passions et je crois que cela manque à bien des gens sur la planète. Je suis conscient que plusieurs personnes n’ont pas cette chance. En ce moment, je pense au drame qui secoue Haïti. Cependant, la Yukon Quest n’est pas juste un rêve, c’est un mode de vie. Cela me permet de me surpasser, d’améliorer mes techniques de nutrition, d’entraînement et de côtoyer les meilleurs mushers », raconte Normand Casavant.

L’an dernier, il s’est classé à la 10e place lors de sa première participation à cette course de traîneau à chiens reliant Fairbanks et Whitehorse. Cette année, il s’est fixé comme objectif de terminer l’épreuve parmi les cinq premiers.
 

Conscient du défi que cela représente, il sait que ses concurrents le classent loin du peloton de tête. « La compétition sera très féroce, c’est une des plus grosses années pour la Yukon Quest. L’idée n’est pas seulement de gagner. Ce qui me motive, c’est de penser me retrouver avec les grands noms et dire après que j’ai couru parmi eux », lance-t-il d’un air amusé. Afin d’y arriver, il compte sur l’aide de Jean-Paul Geoffrion, qui a participé trois fois à la course, et de son ami, Jean-Marc Gagné, venu spécialement du Québec pour le soutenir. « Je dois aussi remercier ma conjointe Karine, qui m’accompagne à travers cette aventure et qui partage mon mode de vie », ajoute-t-il.

Lorsqu’on lui demande, s’il faut beaucoup de témérité pour participer à cette course, Normand répond avec un large sourire : « Tout est relatif, quand je vois la petite madame avec ses talons hauts et ses collants sur le trottoir à Whitehorse à -30º C, je pense qu’elle est plus téméraire que moi. »

Depuis deux ans, Normand s’est installé au Yukon afin d’habiter au territoire et de sentir la liberté d’une vie dans les bois à travers les gens qui lui ressemblent. « Au Québec, si tu possèdes des chiens de traîneau, on te considère comme un marginal. Ici, un gars avec des chiens est perçu comme une personne normale et je ne suis pas un marginal », explique-t-il. Avec une cinquantaine de chiens, le musher consacre toutes ses journées à l’entraînement, à la nutrition, aux soins et à l’entretien du chenil. « Ce sont des athlètes canins et tu te dois de les respecter à tous les niveaux. Ce sont des êtres vivants et il faut répondre à tous leurs besoins et ils ont besoin de beaucoup d’amour », révèle Normand.

Ce grand amoureux de la nature pratique le mushing depuis une vingtaine d’années et dès son jeune âge, il a rêvé du Yukon. Après avoir œuvré comme technologue forestier et possédé une entreprise touristique spécialisée dans les voyages de traîneaux à chiens, il a dépensé ses économies pour vivre son rêve. « J’avais trois buts en m’installant ici, découvrir le Yukon, participer à la Yukon Quest et collaborer avec les Premières nations », souligne-t-il. Après la course, il aimerait bien réaliser ce troisième objectif et continuer de gagner sa vie à travers son sport préféré. Tout en réfléchissant, il précise sa pensée : « Un aboutissement de ma vie professionnelle serait de travailler au sein d’un groupe autochtone et de leur montrer le traîneau à chiens, la nutrition et les soins spéciaux afin de voir participer des Premières nations à la course. »

Tant d’années à partager sa vie avec le monde canin ont révélé à Normand bien des secrets sur le sens de la vie. « Quand tu es capable de respecter un chien, un arbre, la nature… il devient beaucoup plus facile de respecter un être humain », conclut-il.

Yves Pelletier, journaliste à l'Aurore boréale

Le compte à rebours est commencé pour la Yukon Quest

Plus d’une vingtaine de mushers attendent présentement à Fairbanks le coup d’envoi du départ de la célèbre course internationale d’attelages de chiens, la Yukon Quest. Dans l’avant-midi du 6 février prochain, les braves participants débuteront un périple d’une dizaine de jours en direction de Whitehorse. Parmi les concurrents, deux francophones établis au Yukon se sont inscrits à cette 27e édition, et en guise de préparation, ils se sont entraînés des centaines d’heures. Les membres de l’organisation de la course sont aussi familiers à la langue de Molière, notamment avec l’arrivée en poste au mois d’août de Marie-Sylvestre Bélanger. Elle non plus ne compte plus les heures travaillées afin de se préparer à l’arrivée de tous les coureurs.


« En théorie, un départ en Alaska signifie un petit répit pour les organisateurs du Yukon, puisque les mushers arrivent un à la fois et que nous avons une dizaine de jours supplémentaires avant qu’ils ne franchissent la ligne d’arrivée », précise Mme Bélanger, la nouvelle assistante à la direction. Toutefois, elle a vite réalisé l’ampleur du travail qui se cache derrière l’organisation de cette course, renommée pour être la plus difficile au monde. En plus de préparer les festivités qui entourent l’événement et de trouver des moyens de financement, elle doit aider à la coordination du food drop (collecte de la nourriture pour les chiens) et de l’examen des bêtes par les vétérinaires. « Heureusement, nous pouvons compter sur l’aide d’une équipe de bénévoles fiables », ajoute-t-elle.


Dans les derniers mois, le groupe Katimavik a donné un grand coup de main et les jeunes ont peint près de 3 000 bâtons utilisés pour délimiter le parcours. L’an dernier, près de 400 bénévoles ont mis l’épaule à la roue afin d’assurer la réussite de l’événement. « C’est fantastique! À chaque édition, des gens de l’Australie, de l’Irlande, de l’Allemagne et bien d’autres prennent leurs vacances afin d’apporter leur aide et d’assister à la course », raconte-t-elle.
 

Selon les rumeurs entendues, Mme Bélanger pense que la course pourrait être très serrée et très rapide. En regardant la liste des mushers elle s’exclame : « C’est assez incroyable ! Cette année, le plus jeune à participer est Peter Fleck. En provenance d’Angleterre, il est âgé de 19 ans et il a réussi à se qualifier dans les 12 derniers mois. D’un autre côté, nous avons le premier champion de la Yukon Quest, Sonny Lindner, âgé de 60 ans qui refait la course. »


Il est à noter que l’édition 2010 de la Yukon Quest présente quelques petits changements de trajet. D’abord, un point de contrôle (checkpoint), arrêt obligatoire de deux heures, a été ajouté au Mile 101 juste avant la montée du sommet Eagle. Habituellement franchie au parc Shipyards, la ligne d’arrivée se trouve désormais derrière les bureaux de la Yukon Quest, situés sur la rue Main.
 

Afin de vivre la frénésie du départ, Mme Bélanger invite tous les gens samedi prochain à une soirée de style cabaret. Plusieurs chanteurs y participeront et le concert permettra d’amasser des fonds pour l’organisation de la Yukon Quest. Elle souligne que du 15 au 20 février, une semaine de festivités est prévue et qu’il suffit de visiter le site Internet pour connaître les nombreuses activités présentées dans le cadre du QuestFest. « Nous sommes toujours à la recherche de bénévoles et j’invite tous les gens intéressés à me contacter », lance-t-elle.


Yves Pelletier, journaliste à l'Aurore boréale

Impressions du Québec - 3 février 2010


Mercredi, le nombril de la semaine ! Enfin, plus pour moi car, depuis peu, je ne travaille plus le vendredi. Ça, c’est un privilège de la sagesse. Il fait beau dehors, j’ai soupé et je m’apprête à vous donner mes impressions sur la Quest. Je trouve que c’est un peu tranquille ce soir, pas de vent, seulement moi ici présent, réflexions profondes de l’homme mûr que je suis maintenant devenu (soupir).

Choin… choin… choin… ça gratte à la porte en bas. Attendez quelques instants ou devrais-je plutôt dire cessez de lire pendant une minute et je reviens…

Oh surprise ! C’est Milou qui arrive tout droit de Charlesbourg, tout pimpant et plein de belle humeur. Il semble tout excité et ravi. Ah le petit coquin ! Il n’est pas seul. Il est venu en compagnie de Santa Bernadetta. C’est une vieille amie à lui. Je la trouve un peu trop vieille et un peu trop volumineuse, mais je comprends, c’est une amie. Que voulez-vous !

Mon Dieu, Santa Bernadetta, qui bave un peu trop à mon goût, tire un traîneau rempli de toutes sortes de choses. Mais qu’est-ce que c’est tout ça Milou ? Je te répondrai plus tard, me dit-il en m’implorant de m’asseoir. J’acquiesce. On écoute toujours un chien de huit mois qui nous parle. Ça, c’est mon instinct qui me le dit :

Eh bien, mon cher Jean, j’ai lu ton dernier reportage et j’aimerais y apporter quelques précisions, pour ne pas dire quelques corrections, pour les bénéfices de ces chers lectrices et lecteurs. D’abord, laisse-moi te dire que je suis de la lignée des Coton de Tulear avec un seul T. Donc je ne suis pas un Cotton de Tulear avec deux T. Ça n’existe pas, cher ami. Ensuite, je suis un peu coquet sur mon âge. Je te rappelle que je suis né le 11 juin et que je n’aurai donc que 8 mois dans 11 jours. Enfin, tu as oublié de dire, Dieu te pardonne… dire aux chers lectrices et lecteurs que le lieu de départ de la Quest alternait d’une année à l’autre. Donc, l’année dernière et l’an prochain, Whitehorse aura l’occasion de fêter le départ de la course. Enfin, je ne t’en veux pas, mais je tenais à rectifier le tir. Tu sais, l’amitié, ça se cultive avec de la franchise.

Sachant que je peux le faire, je me lève et accompagne Milou dans mon entrée asphaltée toute recouverte de neige durcie par le froid des derniers jours. J’examine le contenu du traîneau et je n’en reviens pas. Il a tout prévu le petit. C’est un fin chien, comme dirait le renard. Je ne peux m’empêcher de verser deux larmes chargées de tendresse et d’émotion.

Vraiment, vraiment, il a tout prévu, comme un vrai musher : un sac de couchage résistant à une température de -60 degrés celsius, une hachette pour lui permettre de couper du petit bois et de se faire un petit feu, des raquettes, un petit calepin pour noter des observations de vétérinaires, des articles visant à faire la promotion de la Quest et sa propre promotion bien sur, un réchaud pour se faire à manger, tout un assortiment de booties de couleurs variées pour se protéger les petites pattes, une carte de la Quest, un compas, un gros parka, une trousse de premiers soins pour chiens, des couvertes en masse, … un paquet de petites gâteries à manger et un hamac à chien bien confortable.

Milou n’a jamais fait la Quest. Par curiosité, je lui ai demandé de m’expliquer comment il avait fait pour se procurer le kit du vrai musher de la Quest :

Tu sais, cher ami, je me suis inscrit à un cours de langue allemande et j’ai communiqué avec l’un des chiens de tête de Hans Gatt, un vétéran de la Quest. Il m’a tout dit et son maître m’a même fourni le traîneau tiré par Santa Bernadetta.

Devant tant de franchise et de débrouillardise, j’ai compris que j’aimais ce chien et qu’il était vraiment mon ami.

Jean Chalifour
St-Augustin-de-Desmaures

Milou
Québec (secteur de Charlesbourg)
 

Impressions du Québec - 31 janvier 2010

C’est aujourd’hui dimanche. Journée ensoleillée, mais froide où, après avoir fait du ski de fond, je me suis assoupi quelque peu à la chaleur, suite à une bonne douche. Je demeure à Saint-Augustin-de-Desmaures, ville d’un peu plus de 15 000 âmes, située en banlieue de Québec. Je suis la Quest depuis plusieurs années, pour le plaisir simple de vivre et de partager l’aventure de gens qui vont au bout de leurs rêves, souvent sans objectif monétaire, mais avec le seul plaisir de se dépasser en compagnie de leurs valeureux. Ce sont eux les athlètes et les vedettes de la Quest, ces chers chiens qui méritent bien leur surnom.

Les valeureux ont bien hâte au jour du départ de la course. Cette année, il a lieu sur la rivière Chena à Fairbanks, ville de l’Alaska, située à 1 600 km du point d’arrivée, Whitehorse, capitale du Yukon. Le parcours de la course suit tantôt les anciennes routes postales du début des années 1900, tantôt la route de la ruée vers l’or, plus tard, lorsque les valeureux seront rendus au Yukon.

Cette année, 25 équipes sont inscrites à la course. Chaque équipe est composée d’un seul musher qui se charge de diriger 14 chiens au départ. Le 6 février, chacune des équipes inscrite prendra le départ à compter de 11 h, à trois minutes d’intervalle. L’ordre de départ est déterminé par tirage au sort. L’équipe gagnante est celle qui mettra le moins de temps à se rendre à Whitehorse. Le délai entre les départs est justifié par le joli cafouillis que pourrait causer un départ de masse.

La Quest fête cette année son 27e anniversaire. L’idée de la course vient de gens du coin, amoureux de la nature, d’aventures, nostalgiques du temps passé et passionnés de traîneau à chiens. Sur le site de la Quest, j’ai regardé le profil des mushers inscrits. Douze d’entre eux sont des vétérans et les 13 autres sont des recrues. Pour être une recrue, il faut d’abord avoir 18 ans ou plus, être inscrit à la course pour une première fois ou, encore, avoir déjà participé à la course, mais sans jamais avoir complété la moitié. En plus, cette année, six mushers féminins sont inscrites à la course, dont cinq recrues. J’ai toujours eu un faible pour ces femmes qui, sans avoir la force d’un homme, s’inscrivent à la course et souvent la complètent.

Cette année, il y des mushers qui proviennent d’aussi loin que la Suisse et la Belgique. Imaginez le périple avec tous les valeureux, le traîneau à chien, l’équipement et tout le tralala…

Je crois que c’est la quatrième année où je donne mes impressions de la course. Pas toujours facile de ne pas se répéter, mais cette année, je suis très chanceux, j’ai un adjoint qui va aussi donner ses impressions. C’est un joli petit chien de 8 mois, compagnon d’une très bonne amie de Québec. Il s’appelle Milou. Mais, ne vous en faites pas, ce n’est pas le fidèle compagnon de Tintin ressuscité. Il n’est même pas de la même race. C’est un cotton de Tulear pur race, excusez-le chers lecteurs et lectrices… Descendant d’une lignée canine provenant de l’île de Madagascar, il fait partie des quelques chanceux qui habitent à Québec. Je ne sais pas s’il y en a qui résident à Saint-Augustin-de-Desmaures… C’est une énigme pour moi…

Milou est très heureux de m’assister. Il n’a aucune expérience d’un tel emploi, mais il possède l’ambition de ses rêves, comme on dit, je crois. Qui plus est, il parle… Voyons, plusieurs d’entre vous diront que c’est une façon imagée de dire qu’il aboie. Mais non, il parle vraiment et en français à part ça. J’aimerais bien vous dire qu’il lit aussi, mais ça me gêne un peu. Pourtant, c’est bien vrai. Vous aurez compris que, s’il parle en français, il lit évidemment aussi en français.

Je vous invite à visiter le site de la Quest. Je l’ai fait connaître à Milou, pour lui faciliter l’émission de commentaires pertinents et intelligents. Il est un peu nerveux, mais s’est montré emballé par le projet. Il y a un petit problème cependant, il pense qu’il va lui-même participer à la course et se voit déjà, tout excité de monter les sommets American et Eagle. Vous savez, les chiens, comme les ados, il faut leur laisser leurs rêves. La vie se charge de les ramener à la réalité.

Bon début de course,

Jean Chalifour Milou
St-Augustin-de-Desmaures Québec (secteur de Charlesbourg)

ÉQUIPE FRANCOPHONE DE LA YUKON QUEST : ÉDITION 2010

Pour la septième année consécutive, une équipe de bénévoles francophones s’occupera de la section en français du site Web de la course internationale d’attelages de chiens, la Yukon Quest. Le départ de la 27e édition aura lieu le samedi 6 février à Fairbanks, en Alaska.
 

Angélique Bernard, bénévole de l'équipe francophone depuis 2005, lance un appel aux gens pour aider avec le site Web, surtout qu’elle ne sera pas à Whitehorse durant la course. « Je participe à un tournoi de soccer à Hawaï et les dates de nos vacances coïncident avec la Yukon Quest. Février au Yukon ou à Hawaï, j’avoue que le choix n’a pas été très difficile à faire », dit-elle avec le sourire. Mme Bernard explique que le plus gros du travail a lieu durant la course et consiste à résumer en français le classement des coureurs et présenter toute nouvelle intéressante. « Nous essayons de mettre l’accent sur les mushers francophones grâce à des profils et nous suivons attentivement leurs exploits. » Un ordinateur et un accès à Internet sont tout ce dont les personnes ont besoin. Une fois inscrit comme bénévoles, les personnes reçoivent un mot de passe pour entrer dans la base de données. Mme Bernard précise qu’elle apportera son ordinateur portatif en vacances, donc elle pourra faire certaines mises à jour, mais cela serait bien d’avoir une équipe d’au moins trois personnes pour se relayer.


Au fil des ans, l’équipe francophone a reçu des commentaires de lecteurs et lectrices de la France, de la Belgique et bien sûr du Québec qui suivent la course à partir de leurs ordinateurs.

Les gens intéressés par l’expérience peuvent aller consulter la page française de la Yukon Quest à l’adresse www.yukonquest.com. Ils n’ont qu’à cliquer sur le bouton « Français » à droite au haut de la page. Ils pourront alors consulter les archives d'articles de l’année dernière. Pour de plus amples renseignements, ils peuvent communiquer avec Angélique Bernard au 867 668-5933, avant le 3 février.

En date du 14 janvier, 27 équipes sont inscrites à la Yukon Quest. Des vétérans et vétéranes et des recrues se côtoieront le long du sentier de 1 600 kilomètres entre Fairbanks en Alaska et Whitehorse au Yukon qui suit les routes historiques de la ruée vers l'or et du transport du courrier en utilisation au début du XXe siècle.

Historique de la Yukon Quest

Dès 1976, l’idée d’une course entre Fairbanks et Whitehorse commence à germer. 
 

Le rêve a commencé à l’hiver de 1983, a gagné de l’élan au bar Bull’s Eye, près de Fairbanks, ce printemps-là lors d’une rencontre entre LeRoy Shank, Roger Williams, Ron Rosser et Willie Libb, et a continué à la table de cuisine chez LeRoy Shank. Après plusieurs mois de planification préparatoire, ils annoncent, à la fin août 1983, leurs plans d’organiser une course entre Fairbanks et Whitehorse.
 

L’événement servirait à commémorer l’esprit de pionniers des chercheurs d’or, des facteurs, des trappeurs et des commerçants qui se sont établis dans le Nord au début des années 1900, et a faire ressortir le Code du Nord qui englobe la courtoisie, l’aide, la générosité et l’honneur. Le nom Yukon Quest est choisi par Wendy Waters et Kathleen et LeRoy Shank. Les autres possibilités étaient Canada Iditarod, International 1000 Mile Race, The Goldrush Race.
 

La première réunion publique officielle se déroule à la bibliothèque North Star Borough de Fairbanks et huit personnes se présentent. Jim Bennett est choisi président du conseil d’administration entre autres parce qu’il peut dessiner un cercle sur le tableau mieux que tout le monde. À la deuxième réunion, il y a 23 personnes. À la troisième réunion, il y a 40 personnes. Vers la 6e ou 7e réunion, plus de 250 personnes sont présentes. Des réunions se déroulent à Whitehorse et un organisme semblable à celui de Fairbanks voit le jour dans la capitale du Yukon.
 

Samson’s Hardaware et Sourdough Fuel deviennent les premiers gros commanditaires. Le premier musher à s’inscrire est Murray Clayton. Le premier commissaire de la Yukon Quest est Carl Huntington.
 

Le 25 février 1984, 26 équipes prennent part au départ de la première course sur la Deuxième Avenue à Fairbanks. David « Pecos » Humphreys est le premier coureur à quitter la ligne de départ. Sonny Lindner, de Johnson River en Alaska, termine la course en première place avec un temps de 12 jours et cinq minutes. Il remporte 15 000 $. 20 équipes terminent la course à Whitehorse. Plus de 400 bénévoles participent au succès de la Yukon Quest.
 

Le premier logo de la course, un énorme bouclier jaune avec les drapeaux de l’Alaska et du Yukon et une équipe de chiens traversant la frontière, a été créé par Simon Mohamad, 13 ans, de Haines Junction au Yukon. Son dessin a été choisi lors d’un concours où 70 élèves de l’Alaska et du Yukon ont participé. 
 

 

LeRoy Shank participe à la Yukon Quest en tant que musher pour la première fois en 1987, après trois années de dévouement total à la course. Il termine en 20e position. 

Angélique Bernard

Les chiens de la Yukon Quest



Les athlètes canins sont au cœur même de la course. Ces chiens sont nés pour courir et travailler et ils développent des relations de confiance solides avec le coureur qui est en même temps dresseur, conducteur, cuisinier, psychologue, physiothérapeute et entraîneur. Sur le sentier de la Yukon Quest, un chien peut dépenser jusqu’à 10 000 calories en une seule journée. Les coureurs préparent une nourriture spécialisée composée de protéines, matières grasses, vitamines et minéraux.

Les chiens peuvent porter des bottines pour protéger leurs pattes de la glace et des aspérités du sentier. Les coureurs doivent transporter huit bottines pour chaque chien, soit dans leur traîneau ou sur les pattes des chiens quand ils quittent un point de contrôle.

Les coureurs peuvent commencer la course avec un maximum de 14 chiens, mais doivent terminer la course avec un minimum de six chiens attelés. Aucun chien ne peut être ajouté à l’équipe après le début de la course. Les chiens qui ne peuvent pas continuer la course sont laissés aux points de contrôle et aux stations de dépôt pour chiens le long du sentier et remis aux maîtres-chiens.

Les soins apportés aux chiens sont de la plus grande importance pour tout le monde associé à la course, notamment les coureurs et coureuses, les directeurs de la course et l’équipe de vétérinaires professionnels qui font partie intégrante de la course. Les vétérinaires procèdent à un examen complet de chaque chien avant la course, pour garantir que chaque athlète canin est en condition physique maximale et est prêt à relever le défi d’une course de 1 609 km (1 000 milles). Les vétérinaires sont également présents aux points de contrôle pour examiner les chiens. Le travail des vétérinaires est conçu pour accompagner et compléter les soins que les coureurs procurent à leurs chiens.

Angélique Bernard

Un peu d'info sur la Yukon Quest
C’est une aventure unique en son genre. La Yukon Quest, course internationale d’attelages de chiens sur plus de 1 600 km (1 000 milles) entre Fairbanks, en Alaska, et Whitehorse, au Yukon, se déroule sur les terrains immaculés les plus spectaculaires au monde. Les coureurs et leurs équipes de chiens parcourent les sentiers rendus célèbres durant la période de la ruée vers l’or à la fin des années 1800. Tout comme les prospecteurs qui ont dû braver les éléments, les coureurs et coureuses qui participent à cette aventure unique, difficile et mondialement connue doivent affronter les rigueurs extrêmes du climat en plein cœur de l’hiver subarctique.

La course de 1 609 km (1 000 milles), née en 1984, se déroule chaque année en février. Les lignes de départ alternent : les années paires, la course commence à Fairbanks; les années impaires, à Whitehorse. Dix points de contrôle sont répartis sur le sentier, y compris les lignes de départ et d’arrivée. Quel que soit le temps, la course commence à l’heure prévue et peut durer entre 10 et 16 jours. Les équipes doivent franchir quatre sommets importants de plus de 1 000 mètres/3 000 pieds (le Dome King Solomon, ainsi que les sommets Eagle, Rosebud et American) et un gain total en altitude de près de 2 700 mètres/9 000 pieds. La course est dotée d’une bourse de 200 000 $ américains.

Une bonne stratégie et une solide routine sont des éléments importants de la course. Un coureur peut choisir de faire courir ses chiens pendant quatre heures (course) et de les laisser reposer pendant quatre heures (repos) ou, alternativement, d’adopter un horaire de 6 heures de course et 6 heures de repos. Durant les périodes de repos, les chiens reçoivent de la nourriture, de l’eau, des soins aux pattes, des massages et de la motivation.

La vision des fondateurs de la Yukon Quest était d’organiser une course internationale d’attelages de chiens sur longue distance incorporant l’esprit du Nord et se déroulant sur les sentiers de la ruée vers l’or et du service postal d’antan. Leroy Shank et Roger Williams sont parmi les personnes qui ont donné vie à la Yukon Quest. Le nom rend hommage à l’imposant fleuve Yukon, l’ancienne « route vers le Nord. »

Chaque année, des centaines de bénévoles se rassemblent pour rendre la Yukon Quest possible. Les bénévoles viennent d’aussi loin que l’Europe, l’Asie, l’Australie et de partout en Amérique du Nord. Ils et elles contribuent à tous les aspects de la course, du traçage du sentier au travail administratif et représentent une gamme de professions, des pilotes aux graphistes, en passant par des camionneurs.

Angélique Bernard